📁Le bonheur

 L'homme a une double nature : ĂȘtre de sensibilitĂ© aspirant Ă  cet Ă©tat de satisfaction maximale de ses dĂ©sirs qu'on nomme le bonheur, il est aussi un ĂȘtre de raison qui sait que ce bonheur ne serait rien s'il l'amenait Ă  nier l'exigence d'une conduite morale : le devoir.

✅Comment dĂ©finir le bonheur ?

✍Le bonheur, ce n'est pas simplement ĂȘtre heureux : comme l'Ă©crivait Aristote, « Une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul jour ». Cette phrase, devenue proverbiale, signifie que le bonheur n'est pas l'affaire d'un instant ; il doit, s'il est vĂ©ritable, s'inscrire dans la durĂ©e. L'ambition des grandes Ă©coles de la philosophie antique, c'est donc de permettre Ă  l'homme d'accĂ©der Ă  la vie heureuse : la recherche d'un bonheur durable sera l'objet de cette partie de la philosophie qu'on nomme l'Ă©thique.

✅En quel sens le bonheur et le devoir seraient-ils compatibles ?

Aristote aussi bien que les Épicuriens ou les StoĂŻciens s'accordent sur ce point : seule une vie juste et droite peut nous faire accĂ©der au bonheur vĂ©ritable, c'est-Ă -dire durable. Pour les Épicuriens, si le plaisir est essentiel au bonheur, certains dĂ©sirs amĂšnent plus de troubles que de rĂ©jouissances : il faudra les Ă©carter, et se contenter des dĂ©sirs naturels et nĂ©cessaires, parce qu'ils sont source de plaisir et faciles Ă  satisfaire. Pour les StoĂŻciens, le bonheur ne saurait ĂȘtre durable s'il dĂ©pend des circonstances extĂ©rieures : je dois discipliner ma volontĂ© pour apprendre Ă  ne dĂ©pendre que de moi, parce que mon bonheur ne peut ĂȘtre laissĂ© aux caprices de la fortune.

✅Les morales antiques parviennent-elles Ă  dĂ©finir le bonheur ?

✍Selon Kant, nous sommes dans l'impossibilitĂ© de dĂ©finir le bonheur par lui-mĂȘme : on dit qu'il est l'Ă©tat maximal de satisfaction ; mais comment savoir si ma satisfaction est bien maximale ? Et comme le bonheur est un « idĂ©al de l'imagination » que je ne peux dĂ©finir, mon entendement est incapable de dĂ©terminer les moyens qu'il faudrait employer pour ĂȘtre effectivement heureux. Pour Kant, la raison nous dit comment Ă©viter d'ĂȘtre Ă  coup sĂ»r malheureux, mais non comment ĂȘtre heureux ; aussi les conseils des diffĂ©rentes philosophies antiques sont-ils seulement nĂ©gatifs. Mais Ă©viter le malheur, ce n'est pas encore ĂȘtre heureux ; il s'agit alors plutĂŽt de savoir si la recherche du bonheur doit ĂȘtre la suprĂȘme motivation de l'homme dans son existence.

✅L'obĂ©issance au devoir peut-elle s'accompagner de la recherche du bonheur ?

✍Comme l'a montrĂ© Kant, celui qui fait son devoir par intĂ©rĂȘt, et non par pur respect pour ce que la morale commande, n'a que l'apparence de la moralitĂ© : c'est la distinction qu'il fait entre les actions accomplies vĂ©ritablement par devoir, et les actions qui sont seulement accomplies conformĂ©ment au devoir. L'homme vĂ©ritablement moral doit « humilier » en lui la sensibilitĂ© et son penchant naturel Ă  vouloir satisfaire ses dĂ©sirs : si agir par intĂ©rĂȘt est contraire Ă  la moralitĂ©, la conduite vĂ©ritablement morale doit aller Ă  l'encontre de tous nos intĂ©rĂȘts sensibles, y compris la recherche du bonheur. Selon Kant, on ne peut donc pas, comme le croyaient les diffĂ©rentes philosophies antiques, Ă  la fois faire son devoir et rechercher le bonheur, parce que le devoir, c'est prĂ©cisĂ©ment faire passer l'impĂ©ratif de la moralitĂ© avant la recherche du bonheur.

✅Faut-il renoncer Ă  ĂȘtre heureux pour ĂȘtre moral ?

✍Non ! Une telle morale serait inhumaine, parce qu'il est dans la nature mĂȘme de l'homme de chercher Ă  ĂȘtre heureux. Mais comme devoir et bonheur sont incompatibles ici-bas, je ne puis qu'espĂ©rer ĂȘtre heureux plus tard, et ailleurs, si je me suis rendu digne du bonheur par ma vie droite : il faut faire son devoir sans se soucier d'ĂȘtre heureux, tout en espĂ©rant qu'il y aura un Dieu juste et bon pour m'accorder aprĂšs la mort ce que Kant nomme le souverain bien, l'alliance impossible dans cette vie du bonheur et de la moralitĂ©. Certes, on ne pourra jamais dĂ©montrer ni que Dieu existe, ni que l'Ăąme est immortelle : du point de vue de la connaissance (raison thĂ©orique), ces propositions sont indĂ©cidables. Mais dire que l'alliance de la moralitĂ© et du bonheur est Ă  jamais impossible conduirait Ă  dĂ©sespĂ©rer de la loi morale : il faut donc poser qu'une telle alliance doit ĂȘtre possible, en postulant l'immortalitĂ© de l'Ăąme et l'existence d'un Dieu juste. ImmortalitĂ© de l'Ăąme et existence de Dieu deviennent alors des postulats exigĂ©s par la raison pratique.

✍La citation

« Fais ce qui peut te rendre digne d'ĂȘtre heureux. » (Emmanuel Kant)

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